Notre enquête
Nous voulons, en préambule, bien faire comprendre que notre action ne veut en aucun cas porter atteinte à la crédibilité de la radiochirurgie stéréotaxique. Cette technique de rayonnement par dose unique permet de soigner des tumeurs avec une très grande précision et peut atteindre des zones du cerveau inaccessibles à la chirurgie classique. Ce procédé, qui a fait ses preuves, est indolore et non invasif et permet d'éviter une anesthésie générale ainsi qu'une longue hospitalisation. Nous n'avons pas oublié que cette approche constitue une chance formidable pour des patients atteints de lourdes pathologies. Mais encore faut-il que le traitement respecte scrupuleusement la dosimétrie appropriée...
Mais depuis les révélations de l'accident de Toulouse par la presse en mai 2007, le CHU de Rangueil n'a cessé d'expliquer que "cet incident ne mettait pas en péril l'intégrité physique des patients" et que "pour l'instant aucun effet anormal n'avait été constaté" (source LCI du 23/05/2007). Dans un même temps, des victimes scandalisées par ce discours, ont témoigné dans la presse et ont organisé un appel à témoin en laissant un numéro de portable. Nous avons été immédiatement submergés par de nombreux témoignages bouleversants. En effet, de nombreuses victimes présentaient curieusement des pathologies similaires (surdité, paralysie faciale, vertiges, céphalées, brûlures, troubles neurologiques, épilepsie, cécité, hydrocéphalie, paraplégie, etc...).
Et depuis la position du CHU de Rangueil a toujours consisté à nier toutes relations entre le surdosage et les nouvelles pathologies des patients. Pour répondre à ce discours inadmissible et insoutenable au yeux des victimes, le bureau de l'association a organisé une enquête épidémiologique auprès de ses adhérents pour recenser les symptômes apparus après le traitement. La constitution de cette base de données permet de mieux appréhender l'état réel actuel des patients et de commencer à mesurer les effets indésirables de cette surexposition.
Les premières analyses à fin novembre 2007, et portant sur 35 victimes*, sont édifiantes et mettent en évidence des pathologies dramatiques pour les patients. SOS IRRADIES 31 n'hésite plus à parler de catastrophe sanitaire majeure. On constate aujourd'hui que :
- Le surdosage moyen de ces 59 victimes est supérieur à 60%** avec une amplitude qui varie de 5 à 225% (à Epinal la surdose constatée était de l'ordre de 20% - cf. Le Nouvel Obs du 01/11/2007). Or à Toulouse Rangueil, 50% des patients de l'échantillon ont reçu une surdose supérieure à 50%.
- Selon un rapport de L'Intitutut de Radioprotection et de Sureté Nucléaire sur les accidents de radiothérapie (page 2), "un surdosage de 25% ou plus peut être directement responsable de complications menaçant la vie du patient". Or à Toulouse Rangueil, 83% des patients de l'échantillon ont reçu une surdose supérieure à 25%.
- Les victimes cumulent de nouvelles pathologies lourdes et invalidantes dans des proportions très largement supérieures à la normale. Les troubles neurologiques et physiologiques qui en découlent sont catastrophiques:
- Paralysie faciale 37%
- Pertes d'audition 46%
- Troubles visuels 54%
- Vertiges invalidants 53%
- Troubles de la marche 46%
- Troubles de la mémoire 56%
- Troubles de l'équilibre 61%
- Violents maux de tête 69%
- Très grand fatigabilité persistante 76%
- 80% des patients suivent ou ont suivi un traitement médicamenteux pour atténuer les souffrances et les effets secondaires du traitement.
- 20% des victimes ont été hospitalisées ou ont subi une intervention chirurgicale dans l'année qui a suivi le traitement.
- 72% des victimes en âge de travailler (23 sur 32) ne sont plus en mesure d'assurer leur vie professionnelle:
- Décédé 6
- Arrêt de travail 16
- Mi-temps thérapeutique 2
- Invalidés 5
- En activité 9
- Retraité 21
* Le calcul du taux de surdosage a été établi à partir des informations fournies par les courriers du CHU adressés à chacune des personnes concernées ou à partir des données figurant sur les dossiers médicaux des patients.